CONFIANCE ET PSYCHOSE

 

Confiance et Psychose
Lu, vu, entendu 25/06/2015

Et si notre capacité à adapter nos décisions à l'incertitude, inhérente à tous choix, était perturbée dans les premiers temps de la psychose ?

C'était l'hypothèse de l'étude menée par Fabien Vinckier et Raphaël Gaillard, de l’hôpital Sainte Anne, l’Inserm et l’Université Paris Descartes en collaboration avec Mathias Pessiglione de l’Institut du Cerveau et de la Moëlle à la Pitié–Salpêtrière et Paul Fletcher, de l’Université de Cambridge en Grande Bretagne, et publiée dans la revue Molecular Psychiatry, première revue internationale de psychiatrie en terme d’Impact Factor.

Ces travaux ont été menés sur 21 sujets volontaires sains qui ont été invités à jouer sur ordinateur à un jeu au cours duquel ils devaient décider de miser ou non sur des symboles. Les règles étant probabilistes et s’inversant de temps à autre (un indice faisant globalement gagner de l’argent se mettait à en faire perdre, et vice versa), les participants devaient montrer leur faculté à s'adapter à a situation pour ainsi maximiser leur gain. Il a été possible de montrer grâce à des modèles mathématiques que pour être le plus efficace les participants utilisent pour faire leurs choix une appréciation interne, à chaque instant, de leur confiance (qui est le complémentaire de l’incertitude) dans les règles.

Afin de reproduire les conditions des premiers temps de la psychose, les participants, séparés en 2 groupes, se voyaient administrer en double aveugle de la Kétamine (un antagoniste des récepteurs NMDA, qui provoque, à faible dose, des symptômes qui ressemblant aux premiers temps d’un épisode psychotique) ou un placebo. Les effets de la Kétamine ont été analysés par le comportement des sujets durant la tâche et par mesure de l'activité crébrale grâce à une IRM fonctionelle continue.

Les résultats montrent que le blocage des récepteurs NMDA par la kétamine diminue la capacité des sujets à exploiter les périodes de stabilité de la règle du fait d'une moindre capacité à adapter leurs choix à leur confiance dans les règles et que ce déficit est corrélé à une moindre modulation du réseau fronto-pariétal bilatéral incluant le dmPFC (cortex prefrontal dorso-médial).

Cette étude met en évidence, dans un modèle pharmacologique de psychose, la perturbation de la capacité à adapter finement le comportement au caractère incertain de l'environnement.  De plus, l'identification des bases cérébrales de cette dysfonction ont pu être identifiées et mises en lien avec la transmission glutamatergique sur laquelle se concentre actuellement la recherche de nouveaux traitements de la schizophrénie.

 

F Vinckier, R Gaillard, S Palminteri, L Rigoux, A Salvador, A Fornito, R Adapa, M O Krebs, M Pessiglione and P C Fletcher. Confidence and psychosis: a neuro-computational account of contingency learning disruption by NMDA blockade. Molecular Psychiatry, advance online publication 9 June 2015

 

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