COMMENT EXPLIQUER L'ENTRÉE DANS LA PSYCHOSE

 

Comment expliquer l'entrée dans la psychose
Lu, vu, entendu 02/05/2016

Comment expliquer l'entrée dans la psychose ?


L'équipe du Pr Krebs (Inserm, UMRS 894, Faculté de Médecine Paris Descartes, Centre Hospitalier Sainte-Anne, Service Hospitalo-Universitaire), en collaboration avec l'équipe "épigénétique et Destin Cellulaire" (CNRS, UMR 7216, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris cité) et le "Beaulieu-Saucier Pharmacogenomics Center" (Université de Montréal) a mis en évidence que des modifcations épigénétiques accompagnent l'émergence d'un épisode psychotique dans une cohorte de jeunes personnes ( 15 à 25 ans) à risques. Ces modifications compromettent des sysèmes de réponse au stress oxydatif et à l'inflammation. Grâce à ce nouveau travail, les chercheurs apportent un nouvel éclairage à cette maladie dont la principale explication biologique reposait jusqu'alors sur des perturbations de la sécrétion de la dopamine au niveau cérébral.


Les troubles psychotiques touchent préférentiellement une population jeune avec un retentissement social majeur. Plusieurs années avant le déclenchement d’un véritable épisode psychotique, certaines modifications du comportement (isolement, agressivité) ou certains symptômes non spécifiques (anxiété, troubles de la concentration ou du sommeil), puis plus spécifiques (distorsions perceptuelles, idées fixes …) sont généralement présents. Certains outils d’évaluation permettent de définir des critères « d’état mental à risque ». Environ un tiers des personnes ayant un « état mental à risque »  développeront un trouble psychotique dans un délai de trois ans. Il existe donc un important intérêt clinique à comprendre les mécanismes physiopathologiques accompagnant cette évolution afin de mieux définir des stratégies de suivi et surtout d’interventions thérapeutiques.

Pour étudier l’entrée dans la psychose, l’équipe de chercheurs a suivi une approche originale : étudier les modifications du profil de méthylation (mesuré grâce à un prélèvement sanguin) de jeunes sujets à risque (cohorte ICAAR) suivis sur une durée d’un an. Ils ont comparé le profil des individus chez qui un épisode psychotique survient et ceux qui ne déclenchent pas la maladie. Leurs conclusions pointent l’implication de modifications épigénétiques dans le déclenchement d’un épisode psychotique. Celles-ci surviennent préférentiellement dans les promoteurs des gènes impliqués dans la protection contre le stress oxydatif, dans le guidage axonal et dans la réponse inflammatoire.


En savoir plus:

Communiqué – Salle de Presse Inserm

Kebir O, Chaumette B, Rivollier F, Miozzo F, Lemieux Perreault LP, Barhdadi A, Provost S, Plaze M, Bourgin J; ICAAR team, Gaillard R, Mezger V, Dubé MP, Krebs MO. Methylomic changes during conversion to psychosis. Mol Psychiatry. 2016 Apr 26

 

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